Best practices

Chouette, demain, c’est team building !

Solenne Faure

Rédactrice

Souvenez-vous : nous sommes en 2015 et Harmonie Mutuelle choisit de mettre en scène, dans sa campagne de communication, trois patrons d’entreprise au restaurant. Leurs échanges portent alors sur la meilleure façon de « souder leurs équipes ». Et chacun y va de son retour d’expérience, qui est – il faut bien le dire – pas toujours glorieux. 

Le concept de team building est apparu dès les années 80. Son principe repose sur le fait d’imaginer et d’organiser des sessions de travail ou de jeu pour renforcer l’esprit d’équipe entre collaborateurs. 

Mais il serait faux de cantonner le team building uniquement à la mise en place d’activités originales. 

À l’heure où le désengagement des salariés et l’individualisation du travail sont une menace réelle, les organisations sont invitées à réinjecter du collectif dans leurs modes de fonctionnement. D’ailleurs, selon une étude d’Ipsos, plus d’1 salarié sur 2 (51%) pense d’ailleurs que « le collaboratif est avant tout un état d’esprit et des valeurs ». Aux entreprises alors de transmettre cette envie et cette capacité à faire ensemble.

Le team building peut donc être abordé d’une façon plus large, rassemblant toutes les actions mises au service de l’équipe. 

Concevoir des séances d’émulation collective riches ou organiser un séminaire efficace… voilà des tâches qui s’avèrent être un vrai casse-tête pour les patrons comme pour les DRH. 

Objectif du jour : identifier les bonnes pratiques en matière de team building en les remettant en perspective avec les besoins et attentes des salariés. 

Ringard, le team building ?

Loin d’être poussiéreux, le team building a su se renouveler. Voici quelques initiatives qui nous ont marqués.

On débranche ? 

A l’heure où les salariés sont de plus en plus accrocs à leur smartphone, les solutions « collective digital detox » font leur entrée. L’idée est simple : remettre les relations humaines au coeur du fonctionnement de l’entreprise en invitant, le temps d’un séminaire, les collaborateurs à débrancher, tout simplement.

C’est le concept d’Into The Tribe, qui via une application, permet de couper smartphones et ordinateurs. Pour que chacun puisse se retrouver et échanger, dans un climat plus serein, le temps de sessions 100% hors ligne.

Apporter du sens.

Nous en parlons régulièrement : la quête de sens au travail est un vrai sujet. 

Pour remobiliser les troupes, quoi de mieux que de porter un projet positif ? De jeunes entreprises proposent désormais des séminaires où les collaborateurs sont invités à apporter leur soutien à une association, le temps d’une ou deux journées. Rendez-vous sur www.team-utile.com pour en savoir plus.

Faire, créer et laisser ses mains parler.

Les fablabs fleurissent dans toutes les grandes villes. Et si le team building s’en inspirait ? Chaque collaborateur apportant sa pierre à l’édifice en se mettant au service d’un projet, matérialisé dans un objet.

Leroy Merlin a ainsi dédié une partie de son offre aux ressources humaines, en proposant des sessions de créativité au sein de son labo parisien, Make it. 

Point intéressant : si les souvenirs d’activités s’estompent rapidement avec le temps, l’objet, lui, demeure.

De l’individu à l’équipe.

Et si la meilleure façon de renforcer l’esprit d’équipe était déjà de prendre soin de ses salariés individuellement ? 

C’est ce que nous raconte en trame de fond Harmonie Mutuelle dans son spot. Mais c’est aussi le sens du témoignage (ici) de Carlos Valdes-Dapena, PDG de Corporate Collaboration Resources et auteur de « Lessons from Mars ». Convaincu que la clé de la cohésion réside avant tout dans le maillage entre « engagements collaboratifs et performance individuelle », il prône que « pour améliorer le travail en équipe, il faut partir des motivations de chacun. »

Il relate ainsi son expérience chez Mars Petcare où les séminaires à fort budget ont été délaissés au profit de l’épanouissement et l’encouragement aux prises d’initiatives personnelles.

Pour améliorer le travail en équipe, il faut partir des motivations de chacun. – Carlos Valdes-Dapena, PDG de Corporate Collaboration Resources

« Maman, je passe à la télé ! »

En poussant ce principe d’individualité un peu plus loin, on peut imaginer que des collaborateurs bien dans leur entreprise, à titre individuel et ayant trouvé leur place, seront plus enclins à collaborer en équipe.

Les marques employeurs vont dans ce sens et généralisent les appels à témoignages et les parrainages. Les salariés deviennent ainsi ambassadeurs de leur entreprise et se retrouvent plus soudés et investis.

Ubisoft a par exemple composé une vidéo 360 pour présenter son entreprise aux candidats. Les salariés ont une place importante dans ce dispositif, se trouvant impliqués aussi bien avant, pendant qu’après le tournage. La fierté en bonus.

De l’éphémère au continu.

Autre bonne pratique : penser ses actions de teambuilding de façon continue pour éviter l’effet « soufflé » du séminaire, qui ne transformerait pas en profondeur les modes de fonctionnement entre salariés. 

C’est en partant de ce constat que Comeet.in s’est lancé : via une application, les collaborateurs peuvent tisser des liens pour partager de vrais moments dans leur quotidien (activités culturelles, sportives, gourmandes…). Plus la peine d’attendre le séminaire annuel pour créer de nouvelles interactions et dynamiques : toute l’année, les collaborateurs sont encouragés à interagir avec des personnes qu’ils côtoient habituellement peu. Un principe qui permet de favoriser une meilleure mixité des compétences et des niveaux hiérarchiques. 

Place aux jeunes.

Installer des rituels durables et être à l’écoute des collaborateurs peuvent également être des leviers intéressants pour travailler l’esprit d’équipe.   Forcer la proximité et promouvoir une hiérarchie plus horizontale… la place de la direction est de plus en plus questionnée. 

Le shadow comex lancé par le groupe Accor (un comité exécutif parallèle, composé uniquement de jeunes de moins de 35 ans), peut ainsi rentrer dans la case team building. C’est en effet une manière de travailler la fierté d’appartenance et de donner un rôle supplémentaire aux équipes jeunes pour changer les rapports de force. 

Vous l’aurez compris, à l’heure où le travail en équipe et les méthodes coopératives ont le vent en poupe, les outils de team building sont nombreux. La balle est désormais du côté des entreprises pour proposer des activités qui feront sens auprès des salariés, et participeront à meilleure productivité des équipes et individus. Et éviter par là-même une « gadgétisation » de ces dispositifs.

Rédaction : Solenne

Photo : WTTJ

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